Parmi les vins du Jura, le Poulsard – parfois orthographié Ploussard – brille par sa discrétion et sa franchise. Cépage originaire du Revermont jurassien, il couvre aujourd’hui près de 18% de la surface viticole de l’appellation, soit approximativement 265 hectares (source : CIVJ, Comité Interprofessionnel des Vins du Jura, chiffres 2023). Peu coloré – il donne un vin qu’on croirait presque rosé à l’œil – il séduit pourtant les palais sensibles à la finesse, au fruit frais, à la légèreté porteuse d’émotions franches.
Mais il serait dommage de le résumer à sa robe délicate. Le Poulsard, c’est d’abord l’expression d’une terre unique : marnes grises ou rouges, climat frais, brumes matinales qui ricochent sur les collines. Les vignerons savent combien son raisin est fragile, sensible à l’oidium ou à la pourriture grise ; ils le chérissent, le protègent, cueillent tôt pour préserver l’acidité vive qui lui donne cet élan, entre groseille, griotte, épice douce et une pointe de sous-bois. Puis viennent les notes de fumée, la pointe infime de cuir, voire le tendre végétal de la rafle lorsque vinification en grappes entières s’invite – coutume fréquente dans le Jura.