La première rencontre avec un verre de Poulsard déroute l’œil non averti. Il se présente sous une robe très pâle, diaphane, allant du rose grenadine au rubis clair, parfois presque translucide. Cet aspect provient de la peau exceptionnellement fine et faiblement colorée du raisin, riche en pruine mais pauvre en anthocyanes, les pigments responsables de la coloration intense d’autres rouges (OIV, Fiches cépages).
Côté nez, le Poulsard s’ouvre rarement avec des arômes puissants. Ce n’est pas un cépage d’exubérance mais de suggestion : petits fruits rouges frais (groseille, framboise, grenade immature), notes florales légères de pivoine ou de violette, parfois des touches de poivre blanc, de noyau de cerise ou de sous-bois humide. En bouche, le vin surprend souvent par sa délicatesse, travaillant plus sur la caresse que sur la puissance. Sa trame tannique s’efface derrière la fraîcheur ; le Poulsard offre rarement du corps, mais presque toujours de la légèreté et du croquant (source : La Revue du Vin de France).