Oublier un cépage, c’est perdre une nuance dans la palette des goûts et des paysages. Mais c’est aussi ouvrir la porte à un travail de redécouverte, à la manière dont on déchiffre des archives ou dont on retrouve la trace d’un ancien chemin dans les broussailles. Les vignerons jurassiens, en cherchant à réhabiliter ces cépages, s’inscrivent dans une démarche de mémoire, certes, mais aussi d’innovation. L’évolution climatique actuelle, la demande de diversité, l’intérêt croissant pour le patrimoine vivant sont autant de leviers susceptibles, demain, de voir ces cépages retrouver leur place, ni de vitrine, ni de musée, mais dans le verre même, à table.
Chaque cépage oublié est un patrimoine en sommeil – qui n’appelle qu’à être réveillé par les curieux, amateurs et gens de métier. Peut-être aurons-nous, un jour, la chance de goûter une nouvelle page de l’histoire du Jura.
- Sources principales : Pierre Galet, Dictionnaire encyclopédique des cépages ; Mémoire sur les Vins du Jura, P.-H. Cattet ; Interprofession des Vins du Jura ; Chambre d’Agriculture du Jura ; Musée de la Vigne et du Vin du Jura.