Le Jura n’est pas la Bourgogne, même si elles se parlent parfois à voix basse, à travers la roche et les racines. Ici, le Chardonnay rencontre des terroirs charpentés, faits de marnes grises ou bleues, de calcaires bajociens, d’éboulis et de graviers. Cette complexité donne au cépage une expression singulière, souvent plus tendue et saline qu’en Bourgogne, marquée par la minéralité et une acidité fraîche.
Mais cette diversité, l’une des richesses du Jura, est aussi un défi :
- Variabilité intra-parcellaire extrême : Sur une même parcelle, les différences de drainage, d’exposition et de profondeur du sol obligent souvent le vigneron à vendanger en plusieurs passages.
- Adaptation des porte-greffes : Beaucoup de porte-greffes classiques s’avèrent inadaptés à la faible vigueur naturelle des sols du Jura, ou à leurs excès d’eau ponctuels. Une réflexion constante doit être menée sur l’association porte-greffe/sol/cépage (source : Institut Français de la Vigne et du Vin).
L’effort d’observation et de compréhension des sols est donc plus poussé ici qu’ailleurs, car il détermine la réussite du Chardonnay jurassien.