Quand on pousse la porte des caves jurassiennes aujourd’hui, on s’attend à retrouver le trousseau, le savagnin ou le poulsard. Pourtant, derrière la poussière des archives et quelques rangs sauvés par passion, le Béclan existe toujours, bravant les décennies d’oubli. Si ce cépage ancien, quasiment effacé du paysage local au XXe siècle, fait l’objet aujourd’hui d’un renouveau d’intérêt, c’est bien parce qu’il a quelque chose de singulier à dire. Mais que raconte le Béclan dans le verre que ne disent pas déjà les grands cépages actuels du Jura ?
Pour comprendre le goût du Béclan, il faut d’abord en saisir la mémoire : ce rouge du passé, à la peau épaisse et juteuse, accompagnait autrefois la diversité de nos coteaux. Sa disparition progressive doit beaucoup à l’arrivée, à la fin du XIXe siècle, du phylloxéra, puis à l’effacement progressif des cépages jugés « rustiques » au profit d’autres, perçus comme mieux adaptés à la production moderne (source : Pierre Galet, Dictionnaire encyclopédique des cépages).