Aujourd’hui, le béclan doit sa survie à une poignée d’amateurs éclairés. Depuis la fin des années 2000, quelques associations de sauvegarde des cépages rares — “Les Vignes de l’Arc-en-Ciel”, à Arlay, ou la section jurassienne de l’Association Française pour la Conservation des Cépages Anciens — tentent l’impossible : sauvegarder quelques pieds, multiplier les marcottes, et offrir au béclan une (minuscule) surface d’expression.
- En 2020, moins d’un demi-hectare de béclan était recensé dans toute la région, réparti sur trois parcelles témoins (source : Association Cépages Anciens Jura).
- La fiche officielle du Catalogue national des variétés de vigne le classe comme “cépage accessoire toléré” uniquement dans les vignes conservatoires (PlantGrape).
Face à l’uniformisation du vignoble européen, la cause du béclan est devenue emblématique du combat pour la sauvegarde du patrimoine ampélographique. Ces efforts, largement bénévoles, permettent l’organisation de micro-vinifications parfois anecdotiques, le temps d’une fête locale ou d’une dégustation éducative.
En 2015, le Conservatoire variétal d’Arlay a permis la mise en bouteille de 47 litres d’un vin issu exclusivement de béclan, partagé entre les membres et les vignerons-curieux. Une expérience rare où le cépage, concentré, signalait un retour inattendu de son acidité vibrante, de fines notes de groseille, et ce soupçon de rusticité propre à son histoire.