En 2019, lors d’un concours organisé à Tokyo par la Japan Sommelier Association, un Poulsard du domaine Renaud Bruyère à Arbois fut élu « vin rouge le plus étonnant », devant plus de 500 cuvées européennes. La légèreté du cépage séduit jusqu’au Japon, qui raffole de son alliance délicate avec les sushis : un bel exemple d’acculturation inattendue (Le Monde).
On fête chaque année, à Pupillin, la traditionnelle « Percée du Ploussard », occasion de déguster les nouveaux millésimes en cuverie, amis et curieux réunis sous les voûtes. C’est une manière, pour les Jurassiens, de célébrer la survie et la beauté fragile de ce cépage qui, année après année, traverse les modes et résiste à l’oubli. Reste que sa vitalité dépendra à la fois de la préservation du patrimoine végétal, des traditions paysannes et de la capacité, pour les vignerons, à innover pour mieux l’acclimater aux défis climatiques.
Le Poulsard, c’est l’histoire d’un vin qui ressemble à ce pays : discret, peu sucré en paroles, mais qui s’offre sans détours à qui sait l’attendre, le goûter, et l’accompagner avec respect. La saga est loin d’être terminée : chaque millésime, chaque mesure experte du pressoir, chaque main qui taille la vigne, ajoutent un chapitre à cette chronique d’intrépidité douce.